Je poursuis ici les droits de l’homme dans les rapports Islam/Occident. Le texte intégral peut être consulté dans mon site www.sami-aldeeb.com, sous
Dans ce quatrième billet, je parlerai des réponses des musulmans aux violations des droits de l’homme.

Réponse des musulmans aux violations des droits de l’homme
Naturellement les musulmans ne sont pas tous d’accord avec ces violations des droits de l’homme basées sur la religion. Le monde arabo-musulman connaît de nombreuses tendances, certaines intégristes et d’autres rejetant l’intégrisme religieux. Nous donnons ici quelques exemples:
- Les intégristes musulmans: ils ne critiquent que rarement les violations des droits de l’homme susmentionnés. Bien au contraire, ils demandent aux régimes politiques d’adopter des positions plus compatibles avec leur conception de la religion et du Coran et d’abandonner les lois en vigueur. Certains mouvements intégristes ont même établi des projets de constitutions en accord avec leur conception. Si ces constitutions étaient appliquées, il est certain que les violations des droits de l’homme dans les pays musulmans s’intensifieront, notamment dans le domaine des partis politiques, de la liberté d’opinion, des droits des femmes et des non-musulmans et de l’application des sanctions islamiques. Signalons que la Ligue arabe a rédigé un code pénal commun à tous les États arabes conforme à la position des intégristes. Si ce projet entrait en vigueur ce serait un sérieux revers dans le monde arabo-musulman.
- Maintien du statu quo: face à la tendance intégriste, il existe un courant gouvernemental qui refuse le changement de la situation. Ainsi, l’Égypte ne souhaite pas modifier les normes du statut personnel contraires aux droits de l’homme en ce qui concerne les femmes et les non-musulmans, et ce afin de ne pas irriter les courants intégristes. En revanche, elle refuse d’abandonner le Code pénal actuel pour le remplacer par un code pénal islamique comme l’exigent les intégristes.
- La distinction entre le Coran mecquois et le Coran médinois: la partie mecquoise du Coran a été révélée à la Mecque avant le départ de Mahomet à Médine en 622 pour former son État. Quant à la partie médinoise du Coran, elle a été révélée après la formation de cet État. C’est cette partie qui contient les versets de nature juridique posant des problèmes dans le domaine des droits de l’homme, alors que la partie mecquois est de caractère moraliste. Pour cette raison, certains considèrent que la partie mecquoise du Coran reflète le vrai esprit de l’Islam, contrairement à la partie médinoise qui comprend des concessions de la part de Mahomet pour satisfaire son entourage. Selon ce courant, la partie mecquoise abroge la partie médinoise. Cette théorie a conduit son protagoniste le soudanais Mahmoud Mohamed Taha à la potence en 1985 à l’instigation de l’Azhar et avec les applaudissements d’un certain nombre d’autres organismes religieux islamiques.
- La distinction entre le Coran et les récits de Mahomet: ce courant dit que le Coran est la parole de Dieu et il est le seul auquel on doit obéir. Quant aux récits, écrits plus de 200 ans après la mort de Mahomet, ils ont été concoctés et faussement attribués à ce dernier, et donc ils ne doivent pas être suivis. Parmi les partisans de cette théorie le colonel Kadhafi et son compatriote le juge Mustafa Kamal Al-Mahdawi, qui a écrit un livre intitulé « L’explication par le Coran ». Ce juge a été poursuivi pour apostasie, et une campagne a été lancée contre lui par des clercs musulmans de son pays et de l’étranger. Le tribunal l’a acquitté du délit d’apostasie mais en même temps a interdit la distribution de son livre. Parmi les partisans de ce courant l’Égyptien Rashad Khalifa, connu pour sa théorie du miracle numérique du Coran, basé sur le nombre de 19 (partant du Coran 30:74). Il a publié une brochure rejetant les récits de Mahomet et les considérant paroles humaines, voire une invention de Satan. Après l’annonce de cette position, plusieurs fatwas l’ont traité d’apostat et a fini par être assassiné en 1990 par un musulman aux États-Unis. Les adeptes de cette tendance se nomment les « coranistes » dont le chef de file est Ahmed Subhi Mansour. Arrêté à plusieurs reprises en Égypte, il s’est enfui aux États-Unis. On mentionnera aussi Gamal Al-Banna, frère cadet de Hassan Al-Banna fondateur des frères musulmans.

- Interprétation du Coran: il y a plusieurs tentatives pour interpréter le Coran visant à surmonter les problèmes causés par certains versets. Parmi ces tentatives on mentionnera notamment un projet de loi intitulé « Cent mesures et dispositions pour une codification maghrébine égalitaire du statut personnel et du droit de la famille » établi par le « Collectif 95 Maghreb Égalité » composé de trois organisations féminines marocaine, algérienne et tunisienne, présenté à la Conférence Mondiale des femmes à Pékin en 1995. Ce projet élimine toutes les discriminations que le droit musulman consacre à l’égard des femmes et des non-musulmans. Ainsi, il abolit la polygamie et la répudiation, accorde l’égalité entre l’homme et la femme en matière successorale, omet l’apostasie comme empêchement au mariage, permet le mariage d’une musulmane avec un non-musulman et supprime l’interdiction d’hériter en cas de disparité religieuse. Les organisations qui ont rédigé ce projet se disent en faveur de la laïcité et de la séparation de l’État et de la religion. Mais pour éviter d’être critiquées, elles essayent de justifier les modifications proposées par le biais d’une interprétation libérale des normes musulmanes.
- Rattacher le Coran et la Sunna à leur époque et adoption de lois convenant à notre société: ce courant est basé sur l’idée que le prophète Mahomet est le sceau des prophètes (33:40), verset interprété dans le sens que Dieu ne voit pas la nécessité d’envoyer des messagers pour l’humanité après Mahomet, laissant l’humanité libre dans la détermination de son destin. Cela peut être comparé à l’enfant allaité au sein maternel et au biberon qui, une fois sevré et grand, doit se débrouiller tout seul pour manger. Suivent cette opinion le penseur égyptien Mohamed Ahmed Khalaf-Allah et le penseur tunisien Abdel-Majid Charfi.

- Abolir le concept de la révélation: les tendances susmentionnées essayent de mettre l’accent sur le respect de la loi de Dieu, ou tentent de l’éluder ou de l’interpréter. D’autres estiment qu’il faut raccourcir le chemin en rejetant purement et simplement l’idée de la révélation et des prophètes afin de donner à l’homme le droit à l’autodétermination plutôt que d’être soumis à une volonté extérieure mystérieuse. Nous rappelons dans cet ordre d’idée le médecin et le philosophe Muhammad Ibn Zakariya Al-Razi (mort vers l’an 923) qui est l’une des plus grandes figures dans la vie intellectuelle islamique de tous les temps selon le professeur Abdel Rahman Badawi. Al-Razi a écrit un livre intitulé « Les mensonges des prophètes » dont il ne nous reste que des extraits rapportés par ses adversaires. Il a aussi écrit le fameux ouvrage « La médecine spirituelle ». Il ressort de ces écrits que Al-Razi met l’accent sur la raison, laquelle suffit pour distinguer le bien du mal sans besoin des prophètes pour diriger les humains. Il affirme:
« Dieu nous pourvoit de ce que nous avons besoin de savoir, non pas sous forme de l’octroi arbitraire et semeur de discorde d’une révélation particulière, porteuse de sang et de disputes, mais sous la forme de la raison, laquelle appartient également à tous. Les prophètes sont au mieux des imposteurs, hantés par l’ombre démoniaque d’esprits agités et envieux. Or, l’homme ordinaire est parfaitement capable de penser par lui-même, et n’a besoin d’aucune guidance de qui que ce soit ».
Comme on lui demande si un philosophe peut suivre une religion révélée, Al-Razi réplique:
« Comment quelqu’un peut-il penser sur le mode philosophique s’il s’en remet à ces histoires de vieilles femmes fondées sur des contradictions, une ignorance endurcie et le dogmatisme? »
Parmi les penseurs contemporains, on mentionnera notamment le philosophe égyptien Zaki Najib Mahmoud qui, pour avoir une nouvelle société, demande de déraciner l’idée arabe selon laquelle le ciel doit ordonner et la terre doit obéir; le créateur a planifié et la créature doit se satisfaire de son sort et de son destin, et le transmis a la priorité sur la raison lorsque ce dernier entre en conflit avec le transmis.

- Il y a aussi le penseur égyptien Hussain Fawzi que j’ai rencontré le 8 septembre 1977. Je lui ai demandé comment traiter avec des mouvements islamistes exigeant l’application des livres sacrés transmis par Dieu aux prophètes. Il m’a répondu que Dieu a créé l’humanité en six jours et ensuite il est allé se reposer le septième jour, comme le dit la Bible. Comme il a jugé qu’il a bien fait tout ce qu’il avait entrepris, il n’était plus nécessaire de revenir au travail le huitième jour et a continué à se reposer. Par conséquent, tous les prophètes venus après le sixième jour ne peuvent avoir été envoyés par Dieu. Ces prophètes ne disposent d’aucun mandat divin, mais agissent au nom de Dieu pour mieux dominer les autres et faire taire leurs opposants. Cet auteur m’avoua cependant qu’il ne serait pas aisé de tenir de tels propos au peuple. Le gouvernement n’a d’autres moyens que de louvoyer. Quant aux arguments du courant intégriste, il faut y répondre que les choses ont changé. À supposer que Dieu ait bel et bien révélé le Coran, il ne peut pas avoir révélé une chose immuable. Il faut réadapter sa révélation à la vie moderne.
Comme on peut l’imaginer, les idées susmentionnées ne sont pas acceptées par les islamistes. Ces derniers n’hésitent pas à qualifier les adeptes de la laïcité d’athées, de mécréants, de traîtres. Nous citons ici Al-Qaradawi:

Le laïc qui refuse le principe de l’application du droit musulman n’a de l’islam que le nom. Il est un apostat sans aucun doute. Il doit être invité à se repentir, en lui exposant, preuves à l’appui, les points dont il doute. S’il ne se repent pas, il est jugé comme apostat, privé de son appartenance à l’islam – ou pour ainsi dire de sa « nationalité musulmane », il est séparé de sa femme et de ses enfants, et on lui applique les normes relatives aux apostats récalcitrants, dans cette vie et après sa mort.
L’Académie islamique du fiqh qui dépend de l’Organisation de la conférence islamique a rendu la fatwa suivante concernant la laïcité dans sa réunion tenue à Manama du 14 au 19 novembre 1998:
1) La laïcité (qui signifie la séparation entre la religion et la vie) est née en réaction aux abus commis par l’Église.
2) La laïcité a été diffusée dans les pays musulmans par les forces coloniales et leurs collaborateurs et sous l’influence de l’orientalisme. Elle a divisé la nation musulmane, semé le doute dans sa croyance juste, défiguré l’histoire brillante de notre nation, créé l’illusion dans la génération qu’il existe une contradiction entre la raison et les textes de la shari’ah, œuvré pour le remplacement de notre noble shari’ah par des lois positives, propagé le libertinage, la dissolution des mœurs et la destruction des nobles valeurs.
3) La laïcité a donné naissance à la majorité des idées destructrices qui ont envahi nos pays sous différents noms comme le racisme, le communisme, le sionisme, la franc-maçonnerie, etc. Ceci a conduit à la perte des richesses de la nation et à la détérioration de la situation économique, et a contribué à l’occupation de certains de nos pays comme la Palestine et Jérusalem, ce qui prouve son échec à réaliser le moindre bien pour notre nation.
4) La laïcité est un système de droit positif basé sur l’athéisme, ce qui l’oppose à l’islam dans sa totalité et dans ses détails. Elle se rencontre avec le sionisme mondial et les doctrines libertines et destructrices. Elle est, par conséquent, une doctrine athée rejetée par Dieu, son Messager et les croyants.
5) L’islam est une religion, un État et une voie de vie complète. C’est le meilleur en tout temps et en tout lieu. Il ne peut accepter la séparation entre la religion et la vie, mais exige que toutes les normes soient dérivées de la religion et que la vie pratique soit colorée par l’islam dans les domaines de la politique, de l’économie, de la société, de l’éducation, de l’information, etc.
L’Académie demande aux autorités politiques musulmanes « de protéger les musulmans et leurs pays contre la laïcité et de prendre les mesures nécessaires pour les en prévenir ».

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Des sondages récents dans des pays occidentaux et dans des pays musulmans donne une idée assez claire des sentiments des populations musulmanes.
D’abord certaines précautions. Il n’est pas avisé de demander à des musulmans s’ils se sentent d’abord musulmans ou d’abord Français, etc., car c’est mettre sur le même pied des appartenances d’ordre différent (encore que la différence serait très nette chez des chrétiens, mais bien moins chez les musulmans, à cause du caractère englobant du « dîn », qui n’est pas réductible à une « religion »). Il n’est pas avisé non plus de se demander quelle proportion des musulmans sont des « islamistes », ce qui dépend très variablement du critère retenu, et permet probablement de se rassurer un peu vite. On préférera donc s’intéresser en particulier au soutien manifesté envers l’application de la charia, selon des indices directs ou indirects. On tiendra compte du fait que « application de la charia » peut recouvrir des choses un peu différentes suivant les pays (régler des conflits familiaux, ou tuer un apostat, par exemple).
1) Pays à majorité musulmane
Un sondage du Pew Research Center (décembre 2010) montre que au moins les trois quarts des musulmans d’Egypte et du Pakistan sont en faveur des lois suivantes pour leurs pays : lapider pour les adultères, fouetter et couper les mains pour les voleurs, peine de mort pour les apostats. Une majorité pour ces peines également en Jordanie et au Nigéria. On trouvera dans un rapport Pew Research Center (Islam and Christianity in Sub-Saharan Africa, 2010), les proportions de sondés favorables à la charia, par exemple 71 % au Nigéria, plus de 60 % au Mali, Kenya, Mozambique, Ethiopie, Ouganda, etc. Chose bizarre, mais la question était posée ainsi, les chrétiens sont souvent en faveur de considérer « la Bible » comme loi du pays, ce que je saisis mal.
Dans la très « tolérante » Indonésie, présentée comme un exemple par le président Obama (novembre 2010), 52 % des Indonésiens sont en faveur de la charia, et 40 % pour couper la main des voleurs (agence australienne Roy Morgan Research, 2008). Le rapport du Pew Research Center (2010) donne 42 % pour la lapidation des adultères, 36 % pour couper la main des voleurs, 30 % pour la peine de mort pour les apostats.
Un sondage en Turquie (2010) montre que 40 % des Turcs ne veulent pas habiter près d’un juif, un tiers ne veulent pas de voisins chrétiens. Plus de la moitié des Turcs refusent l’emploi de non-musulmans dans la justice, l’armée, la police, la sécurité. Plus de 40 % sont contre le fait d’avoir des juifs ou des chrétiens dans des postes importants dans les sciences ou dans la santé. 57 % refusent d’avoir des voisins athées, 20 % ne veulent pas de voisins étrangers.
On trouvera les résultats de nombreux autres sondages dans les pays musulmans sur le site du blog irlandais MarkHumphrys.
2) Pays à majorité non-musulmane
Selon divers sondages, en Grande-Bretagne (8 % de la population), au Canada (en-dessous de 3 % de la population), en Irlande (2 % de la population), plus du tiers et jusqu’à 40 % des musulmans sont actuellement en faveur d’une application de la charia.
Un sondage de Channel 4 (2006) montre que 36 % veulent la charia au Royaume Uni, la moitié veulent que ceux qui insultent l’islam soient arrêtés et poursuivis. Un sondage ICM pour le Daily Telegraph (2006) montre que 40 % des musulmans de GB veulent la charia, tout en déclarant à 91 % qu’ils se sentent loyaux envers la GB ; 41 % sont contre la charia.
En Grande-Bretagne, l’appui pour la charia est plus fort chez les jeunes que chez les plus âgés ; chez les 16-24 ans, près du tiers est d’avis que l’apostasie doit être punie de mort, contre moins du cinquième chez les plus de 55 ans. Un sondage YouGov pour un think-tank anglais, effectué dans 12 universités, montre que, chez les étudiants musulmans, 40 % sont pour l’introduction de la charia, un tiers sont pour le califat, 32 % pensent qu’il peut être justifié de tuer au nom de la religion (53 % sont contre, à comparer avec 94 % des non-musulmans qui sont contre).
En Irlande, un sondage de décembre 2006 montre que 37 % des musulmans sont pour un état islamique en Irlande, 50 % contre, mais 57 % des jeunes (en-desosus de 26 ans) sont pour un état islamique en Irlande.
La croyance en l’effet positif de l’instruction n’est pas nécessairement fondée (on connaît d’ailleurs pas mal de terroristes qui ont fait des études supérieures, ce qui ne peut étonner que les amnésiques du communisme). Le musulman américain moyen est nettement plus instruit que l’Américain moyen. Mais, en 2004, 81 % des musulmans de Détroit veulent la charia (« strongly » ou « somewhat ») dans les pays musulmans, ce qui augure mal de l’avenir pour un pays qui ne l’est pas encore (Dearborn, la ville de Henry Ford, à la périphérie de Détroit, compte un bon tiers de musulmans). Du reste, un sondage de 2006 en territoire palestinien, au Liban, en Egypte, confirme que l’appui plus ou moins fort à la charia ne dépend pas du degré d’instruction.
Au Canada, un sondage Environics (décembre 2006) montre que 53 % des musulmans sont pour la charia pour les conflits familiaux (précision plus ou moins 4,4 %). 94 % sont fiers d’être canadiens, et se déclarent pour la démocratie et le multiculturalisme.
Au Danemark (2009), 55 % des musulmans (4 % de la population) veulent interdire la critique de la religion, et 66 % estiment que la liberté d’expression doit être restreinte. Un autre sondage par Capacent donne 18 % en faveur de la charia au Danemark.
En Norvège (2006), 70 % des musulmans (3 % de la population) sont contre la charia, 14 % pour, 14 % ne se prononcent pas.
Aux Pays-Bas (8 % de musulmans), un sondage pour le Ministère de l’immigration et de l’intégration (2006) montre que 40 % des jeunes Marocains du pays rejettent les valeurs occidentales et la démocratie. La majorité est opposée à la liberté d’expression s’il s’agit de critiquer l’islam.
L’enquête allemande publiée dans le rapport « Muslime in Deutschland » du ministère fédéral de l’intérieur (2007) montre que 30 % des musulmans résidant en Allemagne (7 % de la population)sont absolument ou dans une certaine mesure d’accord avec l’idée qu’on doit interdire de persuader les musulmans de changer de religion. Près de la moitié tiennent le Coran et la démocratie comme incompatibles. Et 9,4 % sont en faveur des punitions prévues par la charia.
L’Autriche compte 9 % de musulmans. Un sondage autrichien de 2010 (sondage Gfk Austria commandé par le Ministère de l’intérieur) montre que plus de la moitié des Turcs d’Autriche souhaitent l’instauration de la charia. La moitié est d’accord pour intégrer certains éléments de la charia (mariage, famille, succession), 16 % disent que ça dépend des éléments, et 22 % sont contre. Le degré d’instruction est un facteur mais le degré de sentiment d’appartenance à l’islam est le facteur prédominant dans les réponses. Les musulmans « laïcs » sont pour une introduction d’éléments de la charia à 41 %, les religieux à 62 %, et, comme indiqué ci-dessus, dans chaque groupe 16 % déclare que ça dépend des éléments considérés.
Selon un sondage CSA / Le Monde des religions de 2008, 38 % des musulmans de France (10 % d ela population) rejettent la charia pour un pays non-musulman, mais 37 % estime qu’elle doit être appliquée en partie et 17 % qu’elle doit être appliquée dans tout pays. 70 % sont tout à fait ou plutôt pour le port du voile. 78 % des musulmans sont favorables au financement par l’Etat de la construction de mosquées. 22 % pensent que la polygamie devrait être autorisée, et 70 % sont contre. Le bilan général est donc que plus de la moitié des musulmans de France sont pour l’application au moins partielle de la charia. Au vu de ces données, le Figaro du 29 octobre 2008 titre avec une logique impeccable qui confirme bien la lucidité des média : « L’islam de France bien intégré ».
Il ne semble pas erroné de dire ceci : le bilan général qui ressort pour neuf pays occidentaux à majorité non-musulmane est donc, en gros, que, généralement (dans 7 cas sur 9), 40 % à 60 % au moins des musulmans sont favorables à une application de la charia sous une forme ou une autre, ou, pour s’exprimer en termes français, qu’ils rejettent la laïcité.
Reste à savoir comment ces faits massifs et concordants sont compatibles avec les affirmations réitérées selon lesquelles, dans leur immense majorité (expression rarement appuyée sur des données numériques), les musulmans sont bien intégrés, modérés, et rejettent l’extrémisme. Ceci suppose qu’on définisse « extrémisme », « islamisme », etc. de façon précise, et qu’on arrête de se payer de mots.
Pas mal de nouvelles roboratives sur translating-jihad, un de ces sites qui, comme MEMRI, se livrent à un travail humble mais très utile de traduction des perles de la pensée :
1) 20 avril 2011, une décision ferme mais juste sur l’apostasie
Islamic Fatwa Council of Jerusalem: « The ruling on the apostate is for him to seek forgiveness within three days, and if not he is killed » (décision du 10 février 2009)
2) 18 avril 2011, une revue gouvernementale du Koweit exprime une opinion œcuménique sur l’apostasie
Kuwaiti Journal: « Killing the Apostate Does Not Conflict ith Religious Freedom
3) 14 avril 2011, sermon : au cas où vous ne le sauriez pas, l’islam va dominer le Brésil et le monde entier
Friday Prayers in Brazil: Islam Will Dominate the World
4) 13 avril 2011, un savant éminent se prononce pour des accords à l’amiable en Egypte
Al-Qaradhwai: « The Christian Will Reach an Understanding With His Muslim Brother to Choose a Muslim Presidetnt »
5) 4 avril 2011, une décision sur les vierges de la belle religion désireuses d’enfourcher une machine vélocipédique
Fatwa: « Is It Permissible for Women to Ride Bikes? »
6) 30 mars 2011, un imam américain éprouve un léger recul devant la loi de la canaille
American Muslim Leader Issues Fatwa Against Democracy
7) 24 mars 2011, la ‘oummah est affectueusement protectrice avec les dhimmis
Egyptian Shaykh: « Be at Ease, Do Not Fear Islam and the Shari’ah »
8/ 22 mars 2011, très logiquement, la charia ne traite pas de la même manière ce qui est différent
Fatwa: On Resembling the Infidels
9) 21 mars 2011, il ne faut pas célébrer la Fête des mères, qu’Allah réprouve fortement
The Heresy of Mother’s Day
10) 20 mars 2011, tuer un apostat a une fonction protectrice
European Council for Fatwa and Research: « The apostate is killed in order to protect the religion and the community »
11) 18 mars 2011, rien de plus méritoire que d’ouvrir le ventre des polythéistes
The Muslim Brotherhood Glorifies and Encourages Female Jihadists
12) 17 mars 2011, laissez-vous aller, l’islam se charge de tout
Yusuf al-Qaradhawi: « The Islamic Shari’ah Governs All of the Actions » of Muslims
13) 13 mars 2011, à cause de la richesse exceptionnelle de la langue arabe, le Hamas éprouve de grosses difficultés pour traduire l’arabe en anglais
Hamas Praises Savage Attack on Jewish Settlers in Arabic, Denies Responsability in English
14) 12 mars 2011, les femmes n’arrivent pas à parler et à mémoriser en même temps, c’est prouvé scientifiquement (mais nous le avions déjà)
European Council for Fatwa and Research: Women Can’t Speak and Remember at the Same Time
Et tout plein de belles choses. Mais à chaque jour suffit sa moisson.