Source: La France a ordonné, hier, l’expulsion de trois imams radicaux dont un algérien et de deux militants islamistes étrangers, confirmant ainsi sa politique de tolérance zéro à l’égard du fondamentalisme après l’avoir paradoxalement soutenu à travers le Printemps arabe.
“J’adresse un avertissement très clair mais qui doit être bien entendu : tous ceux qui tiendront des propos contraires aux valeurs de la République seront instantanément mis hors du territoire de la République française, il n’y aura pas d’exception, il n’y aura aucune indulgence”, a déclaré M. Sarkozy, lors d’une réunion publique de campagne à Nancy, dans l’est de la France. Ali Belhadad, militant islamiste algérien, condamné en France à dix-huit mois de prison pour son rôle dans les attentats de Marrakech en 1994 et qui, selon le ministère de l’Intérieur, avait “repris au cours des semaines passées des relations assidues avec la mouvance islamiste radicale”, a été expulsé, hier, vers l’Algérie.
L’imam malien, Almany Baradji, qui “promet dans ses prêches l’antisémitisme, le port du voile intégral, le rejet de l’Occident et l’éducation des adolescents jugés difficiles dans des écoles coraniques à l’étranger”, a lui aussi été expulsé. Saâd Nasser Alshatry, imam saoudien qui, selon la même source, promouvait dans ses prêches “l’isolement des femmes, le repli communautaire des musulmans, le commerce de la drogue et l’acquisition de la nationalité française pour faciliter le prosélytisme musulman, fera l’objet d’une procédure de refoulement s’il devait tenter de rentrer en France” d’où il est absent actuellement. Et le militant islamiste tunisien, Malek Drine, et l’imam turc, Yusuf Yuksel, feront prochainement l’objet de procédures d’expulsion. D’autres mesures d’expulsion interviendront prochainement, a également annoncé le ministère.
Ces mesures qui signifient le durcissement de la politique de lutte antiterroriste interviennent alors que les autorités françaises ont décrété la tolérance zéro à l’égard des islamistes en France, dans la foulée du carnage perpétré par le jihadiste Mohamed Merah qui a assassiné en mars dans la région de Toulouse sept personnes : trois militaires, trois enfants juifs et un professeur de religion juive.
La police a ainsi procédé vendredi dernier à 19 interpellations dans toute la France, notamment à Toulouse, d’islamistes radicaux. La garde à vue de 16 d’entre eux a été prolongée lundi, selon des sources proches de l’enquête. Le chef du groupe radical salafiste Forsane Alizza (Les Cavaliers de la fierté), Mohamed Achamlane, et deux autres personnes, interpellés à Nantes, dans l’Ouest, ont été transférés hier à Paris pour être présentés aux juges antiterroristes. Après la mort de Merah, abattu par la police lors d’un échange de tirs le 22 mars, le président français avait demandé à la police de procéder à l’évaluation de la dangerosité des personnes connues pour entretenir des sympathies avec l’islam radical. Il avait également demandé de prendre des mesures pour sanctionner pénalement les personnes consultant les sites extrémistes et les personnes se rendant dans des pays refuges du jihadisme international comme l’Afghanistan et le Pakistan.
Par ailleurs, plusieurs associations françaises de musulmans ont appelé, hier, à une marche républicaine le 15 avril à Paris pour “dire non au radicalisme religieux” après les tueries perpétrées dans le Sud-Ouest par un jeune jihadiste français d’origine algérienne. Cette marche se déroulera à l’appel notamment de la Conférence des imams, de l’Institut des peuples, de l’Association des anciens combattants français musulmans, de l’association Changeons de regard, selon un communiqué.
Ces associations, qui “refusent tout amalgame entre les musulmans de France et les actes terroristes qui sont commis en leur nom”, auront “une pensée toute particulière pour les familles des victimes des crimes commis sauvagement à Montauban et à Toulouse” (Sud-Ouest) et leur apportent “tout leur soutien et leur solidarité”.
Enfin, elles “invitent tous les Français à se réunir autour de valeurs communes, autour de la France laïque, une et indivisible”, conclut le communiqué.
avr 042012

Digg
del.icio.us
Facebook
Yahoo! Buzz
Twitter
Google Bookmarks
Google Buzz