juil 092012
 

Source: par Rinny Gremaud

Après le jugement de Cologne, la société suisse de chirurgie pédiatrique s’est concertée. Entretien avec sa vice-présidente, Barbara Wildhaber, cheffe de service aux Hôpitaux universitaires de Genève

Voir aussi son article: Sexe, religion et hygiène: la justice ouvre le débat de la circoncision

Le Temps: Les hôpitaux suisses pratiquent-ils des circoncisions d’enfants pour des raisons non médicales?

Barbara Wildhaber: Les HUG, comme tous les hôpitaux de Suisse, pratiquent des circoncisions à la demande des parents, pour des raisons culturelles ou religieuses. Mais avec des restrictions: nous ne les réalisons jamais avant un an de vie, et toujours sous anesthésie générale. Parce que nous estimons que l’anesthésie locale est traumatique pour l’enfant. Non seulement elle est en soi très douloureuse, mais aussi elle comporte des risques d’échec.

– Ces demandes vous sont-elles adressées directement par les parents?

– Oui, ou par le biais des pédiatres. Souvent, on nous appelle déjà durant les tout premiers jours ou mois de vie. Nous fixons alors rendez-vous après le premier anniversaire. Lors de cette consultation, nous informons les parents des risques liés à l’opération. Notre formulaire de consentement est clair et détaillé. Il y a des risques de saignements, d’infections, de mauvais résultats esthétiques. De plus, 5 à 7% des patients souffriront ultérieurement d’un rétrécissement du méat urinaire, ce qui peut nécessiter une deuxième intervention chirurgicale. Dans quelques cas plus rares, on peut observer une déviation ou une courbure de la verge, voire un déplacement du méat urinaire et des lésions du gland. Quand la circoncision est pratiquée en milieu hospitalier, par des professionnels, ces complications sont tout de même rares. Mais il ne s’agit pas d’une intervention anodine, et nous ne recommandons jamais de la faire si ce n’est pas nécessaire.

– Recevez-vous aussi des demandes sans motifs religieux, pour des raisons hygiéniques, voire esthétiques?

– En effet. Nous savons aujourd’hui qu’il n’y a aucun bénéfice prophylactique à pratiquer cette opération. On peut être très hygiénique avec un prépuce en place.

– Essayez-vous de dissuader les parents qui se présentent avec de telles demandes?

– Nous séparons clairement les aspects «culturels» des motifs religieux ou ethniques. Lorsque la circoncision met en jeu l’intégration sociale de l’enfant, nous nous limitons à avertir des risques liés à l’opération et de l’absence de bénéfices médicaux. En revanche, si la motivation parentale est liée à des croyances hygiénistes, je parviens presque toujours à les convaincre de renoncer.

– Existe-t-il plusieurs types de circoncision?

– En effet, il y a plusieurs manières de procéder. On pourrait juste tirer, couper, et c’est fini. On peut aussi se servir d’un outil spécifique, comme le Plastibell [ndlr: une sorte de petit capuchon en plastique, en vogue dans les hôpitaux américains pour la circoncision des nouveau-nés]. Aux HUG, nous pratiquons la circoncision des enfants selon les règles de la chirurgie urologique, c’est-à-dire en main libre, en s’adaptant à la physionomie de l’enfant.

Il y a aussi différents degrés d’intervention. Lorsque nous opérons pour des raisons médicales, nous pouvons choisir de ne couper que ce qui est nécessaire, ou de faire une plastie du prépuce, tout dépend de la maladie. Mais lorsqu’il s’agit de motifs religieux ou ethniques, on enlève tout le prépuce. Souvent on nous demande une coupe très courte, avec un gland complètement libre.

– Combien coûte une circoncision?

– Chez nous, le dépôt est de 1000 francs. Si elle est couplée à une autre intervention qui nécessite aussi une anesthésie générale, alors la circoncision elle-même reviendra à 600 francs. Evidemment, ces tarifs ne couvrent absolument pas le coût réel de la prise en charge. [Ndlr: la même opération coûte 1650 francs à Neuchâtel, et 800 francs à Lausanne.]

– Ces prix peuvent faire renoncer des parents aux revenus modestes. Ne craignez-vous pas qu’ils décident de faire cela ailleurs, dans de plus mauvaises conditions?

– Bien sûr, et cela arrive, malheureusement. Nous savons aussi que certaines cliniques privées pratiquent cette opération à des tarifs moins élevés, mais parfois dans d’autres conditions. Il est difficile, parfois, de convaincre des parents que l’anesthésie générale est la meilleure solution pour leur enfant. Souvent, les pères me répondent qu’un oncle leur a fait cela «au couteau dans un coin de cuisine», et qu’ils n’ont même pas eu mal…

La circoncision dans de mauvaises conditions présente un danger réel. Entre une à trois fois par année, nous «récupérons» chez nous des enfants à l’article de la mort ou dans des conditions critiques à la suite de circoncisions qui ont mal tourné. Voir ces enfants dans un tel état, c’est vraiment bouleversant.

Alors oui, le prix peut être un obstacle, mais puisque, chez les musulmans, l’opération peut se faire jusqu’à l’âge préscolaire, je recommande souvent d’économiser sur plusieurs années, et d’intégrer ce montant au coût de la fête qui suivra l’opération.

 Posted by at 8 h 56 min

  5 Responses to “«La circoncision reste une opération risquée»”

  1.  » La polémique sur la circoncision vient d’atteindre un point extrême à Houston (Texas). Au lendemain d’une discussion avec son mari au sujet de la circoncision de leur fils, une jeune et jolie maman a castré son bébé.

    Cette caricature de circoncision est la plus féroce leçon qui puisse être donnée à la folie collective de circoncision qui fait rage depuis des décennies aux États-Unis.

    En effet, la seule façon d’expliquer ce geste désespéré est de comprendre que l’esprit troublé de la jeune maman a tout simplement confondu le sexe entier et le prépuce. La psychanalyse enseigne que c’est là une forme typique de raisonnement inconscient, communément appelé folie. Freud le nomme « condensation », Lacan, soulignant qu’il s’agit d’un processus purement mental et linguistique, l’appelle « métonymie ». La métonymie à l’uvre dans ce cas est : le tout pour la partie.

    La jeune maman est bien sûr irresponsable. La folie collective circonciseuse est responsable. L’Association Américaine de Médecine doit prononcer immédiatement l’abolition de la circoncision. »
    http://forum.aufeminin.com/forum/societe2/__f58802_societe2-Une-jeune-maman-castre-son-fils-au-lieu-de-le-circoncire.html

    http://abclocal.go.com/ktrk/story?section=news/local&id=6961392&rss=rss-ktrk-

    http://www.chron.com/news/houston-texas/article/Prosecutors-say-parents-argued-before-mutilation-1731497.php

  2.  » Souvent on nous demande une coupe très courte, avec un gland complètement libre. »

    http://www.circumcisionharm.org/images-circharm.org/respondent%20photos/Gallery1/tumblr_lo10ppTBTv1qgneyro1_500.jpg

    Comme par hasard , cet homme est encore vierge !

  3. Conseil d’État, 3 novembre 1997, HÔPITAL JOSEPH IMBERT D’ARLES
    http://basedaj.aphp.fr/daj/public/index/display/id_theme/577/id_fiche/7976

    Faits :
    Le jeune Merhaz (5 ans) est hospitalisé pour une circoncision rituelle pratiquée sous anesthésie générale. A la suite d’un arrêt cardiaque et d’un coma prolongé consécutif à cet arrêt cardiaque, le jeune enfant décède.

    RFDA 1998 p. 90
    La responsabilité des services hospitaliers : extension de la responsabilité sans faute
    le cas des accidents anesthésiques. Conclusions sur Conseil d’Etat, Section, 3 novembre 1997, Hôpital Joseph-Imbert d’Arles
    Valérie Pécresse, Maître des requêtes au Conseil d’Etat ; Commissaire du gouvernement
    « …
    En effet, s’il était certainement possible à l’hôpital d’Arles, en se fondant sur une conception stricte de sa mission hospitalière telle qu’elle était définie à l’article L. 678 du code de la santé publique, de refuser de pratiquer une circoncision qui n’avait pas de véritable caractère curatif ou préventif, nous ne pensons pas que cet établissement puisse, une fois qu’il a admis le jeune Mehraz au nombre de ses patients, demander à ce que sa responsabilité ne soit pas engagée à l’égard de cet enfant dans les mêmes conditions que pour les autres malades qu’il admet. Si l’hôpital avait commis une faute médicale, vous ne refuseriez d’ailleurs pas d’indemniser Mme Mehraz.

    En second lieu, tracer la frontière entre opérations médicalement justifiées et opérations de convenance personnelle pourrait être séduisant en théorie, mais s’avérerait en pratique très délicat. Ainsi, cela vous conduirait à exclure du champ d’application de la jurisprudence Bianchi, au même titre que les interventions rituelles, les opérations de chirurgie esthétique. Or, la distinction entre ces dernières et les opérations de chirurgie réparatrice, qui ne sont pas, par définition, de pure convenance, est assez mal délimitée.
    … »

    • Aux US , 117 bébés meurent chaque année à cause de la circoncision !!!
      http://www.circumstitions.com/death.html

      THYMOS: Journal of Boyhood Studies, Vol. 4, No. 1, Spring 2010, 78-90
      LOST BOYS: AN ESTIMATE OF U.S. CIRCUMCISION-RELATED INFANT DEATHS
      - Dan Bollinger
      Abstract: Baby boys can and do succumb as a result of having their foreskin removed. Circumcision-related mortality rates are not known with certainty; this study estimates the scale of this problem. This study finds that approximately 117 neonatal circumcision-related deaths (9.01/100,000) occur annually in the United States, about 1.3% of male neonatal deaths from all causes. Because infant circumcision is elective, all of these deaths are avoidable. This study also identifies reasons why accurate data on these deaths are not available, some of the obstacles to preventing these deaths, and some solutions to overcome them.

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