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En Egypte, une chroniqueuse condamnée à 3 ans de prison pour “insulte à l’islam”

Source OLJ/AFP 26/01/2016

  
La célèbre chroniqueuse égyptienne Fatima Naout a été condamnée le 26 janvier à trois ans de prison pour “insulte à l’islam”. Photo tirée de la page Facebook Fatima Naoot
LIBERTÉS“Ce verdict ne m’attriste pas car peu m’importe d’aller en prison. Je suis triste car les efforts des réformateurs ont été gâchés”, déclare Fatima Naout.

Une célèbre chroniqueuse égyptienne a été condamnée mardi à trois ans de prison pour “insulte à l’islam” après avoir critiqué l’abattage des animaux pendant l’Aïd al-Adha, la grande fête musulmane du sacrifice, selon une source judiciaire.

Fatima Naout avait été déférée en 2015 devant la justice pour avoir écrit “Happy Massacre” (“Joyeux massacre”) sur sa page Facebook en octobre 2014, au moment de l’Aïd al-Adha. Un tribunal correctionnel du Caire l’a condamnée mardi à trois ans d’emprisonnement et 2.000 livres égyptiennes (235 euros) d’amende.

Son avocat a indiqué qu’elle ferait appel de cette décision et qu’elle ne serait pas emprisonnée immédiatement. “Ce verdict ne m’attriste pas car peu m’importe d’aller en prison. Je suis triste car les efforts des réformateurs ont été gâchés”, a déclaré à l’AFP Fatima Naout, de confession musulmane et célèbre pour ses positions anti-islamistes.

 

(Lire aussi : « Ce sont les idées que le pouvoir égyptien combat, pas le terrorisme »)
Durant la fête du sacrifice, célébrée par 1,5 milliard de musulmans à travers le monde, les fidèles sont invités à sacrifier un animal en mémoire d’Abraham. Ce dernier avait, selon la tradition musulmane, failli immoler son fils Ismaïl avant que l’ange Gabriel ne lui propose in extremis de sacrifier un mouton à sa place.

“Massacre annuel qui se reproduit à cause du cauchemar d’un des (prophètes) au sujet de son fils”, avait écrit en 2014 Mme Naout en arabe sur sa page Facebook. “Bien que le cauchemar soit passé pour (le prophète) et son fils, des animaux impuissants payent chaque année de leur vie le prix de ce cauchemar sacré”, avait-elle ajouté dans ce commentaire, qu’elle avait effacé après la polémique qu’il avait déclenché.

Fatima Naout avait reconnu durant son interrogatoire avoir écrit ces propos mais nié avoir voulu insulter l’islam, selon un responsable du parquet. En décembre, un tribunal égyptien avait condamné un intellectuel musulman controversé, Islam al-Behairy, à un an de prison après qu’il eut notamment appelé à des réformes dans “le discours islamique traditionnel”.

 

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