Sharia

Berlin : Seyran Ates, une femme qui veut révolutionner l’image de l’islam

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Par Nathalie Versieux

C’est une première en Allemagne. Les musulmans progressistes ont désormais leur salle de prière. La mosquée Ibn-Rushd-Goethe, inaugurée vendredi à Berlin sous forte escorte policière, est le fruit d’un vieux rêve de la Germano-Turque Seyran Ates, l’une des plus célèbres militantes pour les droits de la femme.

Le projet est aussi ambitieux que controversé. Lassée de ne pas trouver mosquée à son goût pour y vivre sa foi, Seyran Ates a finalement décidé de fonder sa propre salle de prière. Le projet brise bien des tabous : le lieu est ouvert à tous les courants religieux de l’islam, aux chiites comme aux sunnites, aux alévis ou aux soufis. Hommes et femmes y prient côte à côte, les homosexuels y sont explicitement bienvenus. C’est un lieu de débats où il sera possible de critiquer le prophète Mahomet et de discuter de réformes de l’islam. «Seuls niqabs et tchadors seront interdits», précise la fondatrice. Les femmes n’ont pas à porter le voile pour participer à la prière.

Paravents.La mosquée Ibn-Rushd-Goethe porte les noms du médecin et philosophe arabe de Castille Ibn Rushd (1126-1198) et du penseur allemand Goethe, fin connaisseur de l’islam et auteur de Divan occidental-oriental, recueil lyrique inspiré de la poésie persane.

Seyran Ates entend donc faire le lien entre le meilleur des cultures musulmane et occidentale, à l’image de ces milliers de musulmans progressistes nés en Allemagne qui ne trouvent pas leur place dans les mosquées du pays, très conservatrices. Lassée des discriminations religieuses contre les femmes, Seyran Ates a dirigé la première cérémonie vendredi. La militante d’origine malaisienne et vivant à Los Angeles Ani Zonneveld s’est chargée de l’ezan, l’appel à la prière.

En attendant de pouvoir financer l’achat ou la construction d’un lieu dédié, la petite communauté loue l’ancienne salle de théâtre de l’église évangélique Saint-Jean du quartier de Moabit. L’accès est confidentiel : porte D, 90 m² au troisième étage perchés en haut d’un escalier tordu…

A quelques jours de l’inauguration, Seyran Ates, 54 ans, s’occupait en famille des ultimes préparatifs. Un de ses frères repeignait les murs, un autre installait les paravents qui protégeront les fidèles du va-et-vient du hall d’entrée, tandis que sa sœur disposait les trente tapis de prière, rapportés d’Istanbul.

Seyran Ates, qui avait momentanément abandonné en 2006 sa carrière d’avocate spécialisée dans la défense des victimes de crimes dits «d’honneur» à la suite de menaces de mort, est de nouveau dans le collimateur des islamistes et des extrémistes de tout poil. Les insultes pleuvent sur sa messagerie. «Mais les commentaires sont majoritairement positifs», insiste la fondatrice.

Sakine, une Turque alévie de 43 ans, trouve le projet «fantastique», même si elle aurait«bien trop peur» de se rendre à la salle de prière progressiste. «Pourtant, c’est sans doute la seule mosquée d’Allemagne dans laquelle je pourrais me sentir bien, les autres sont totalement contrôlées par le régime d’Erdogan», regrette-t-elle. Depuis des années, Sakine ne met plus les pieds à la mosquée, ne supportant pas le ton accusateur des prêches tenus par les imams dépêchés par Ankara dans une douzaine de lieux à Berlin.

Défi.Seyran Ates a derrière elle une vie de militante. Son cursus est atypique : excellente élève, en rupture avec une famille très conservatrice, elle prend la fuite à 17 ans, vit en colocation dans des immeubles squattés, comme bien des jeunes de gauche dans le Berlin des années 70-80. Elle entame des études de droit, a des amants, se lance dans la défense de femmes turques et kurdes victimes de violences conjugales.

En 1984, elle échappe de peu à une tentative d’assassinat : un mari violent, en lien avec l’extrême droite turque, tire à trois reprises sur la jeune avocate et sur l’une de ses clientes, qui ne survivra pas. «Depuis, j’ai appris à vivre avec la peur», explique la militante, dont le prochain livre, Salam, madame l’imame, est paru vendredi. Seyran Ates se prépare en effet pour son ultime défi : à la rentrée universitaire, elle entamera à Berlin des études de théologie islamique, pour devenir la première femme imame d’Allemagne.

Nathalie Versieux

7 Comments

  1. Pingback: Point de vue d’une ex-musulmane concernant Seyran Ates – Savoir ou se faire avoir

  2. Le mieux qu’elle a à faire c’est de se mettre en contact avec:

    http://www.islam-et-verite.com/religion-point-de-contrainte-coran-2-256-quils-disaient/

    L’Abbé Pagès la recevra comme il convient, la convertira au christianisme, ensuite elle pourra vivre plus sereinement avec un nom d’emprunt. Cerise sur le gâteau, elle pourra peut-être sauver sa peau, ce n’est pas rien.

    L’islam n’aura jamais une belle image, c’est un concept pourri et abêtissant.

    • Kader Oussel says:

      Je ne vous connaissais pas convertisseur au christianisme, mais il est un temps pour tout comme disait l’Ecclésiaste. Ce en quoi, je vous soutiens totalement.
      Par contre, j’ai peur que pour ce poisson, ça ne marche pas fort. Elle fait partie des sous-marins turcs lancés pour torpiller l’Allemagne avec l’islam comme missile. SOn combat, c’est faire progresser l’islam au sein de la population allemande, et elle réussit à merveille.
      Elle ne porte pas le voile, se coupe les cheveux comme une allemande, arbore constamment un sourire ; une tête de chef d’entreprise et de gagnante, ce qui est fort apprécié dans le monde occidental. En somme, elle marque des points pour l’islam, avec nos critères, dans notre monde.
      Sur la photo, on voit bien : la moitié de l’assistance est composée d’allemands bon teint, dont la grosse, à genou à côté d’elle, qui a mangé un peu trop de saucisses, à mon goût. Mais tout est bon à prendre pour l’islam. Avec un tchador, on verra moins ses formes !

  3. Kader Oussel says:

    L’Allemagne est à moitié foutue (c’est plus facile d’observer les autres, ou les voisins !)
    C’est l’état allemand qui facilite le boulot de Seyran Ates !
    Les parents, quand ils s’opposent à ce que leur enfant aille faire un tour de découverte de la mosquée pendant les heures de cours, ils doivent payer une amende !(300 €)
    Peut-être que Macron va s’en inspirer, lui qui pense que l’islam est compatible avec la démocratie ( ce ne doit pas être un féru d’histoire !) et qui rompt le jeûne du ramadan avec les membres du CFCM.

  4. Pie le Pro Pieux Preux says:

    Toujours la même chose, quelques érudits qui croient connaître l’islam mieux que les autres et essayent de percer dans l’occident. Ils ou elles ne font que jouer le rôle de l’intégration forcée et une adaptation inadéquate d’une secte sanguinaire. Il faut être débile pour ne pas voir qu’elle s’inspire de la mouvance anglaise de curés femelles. C’est encore quelqu’un qui croit qu’elle connait mieux l’islam que ceux qui l’ont lue. Elle devrait savoir que le coran a été écrit par des hommes pour des hommes. C’est une collabo de plus

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