Dissimulation / média

Ceci s’adresse à vous, esprits du dernier ordre, qui n’étant bons à rien, cherchez surtout à mordre.

le-serpent-et-la-lime--Source: Ce titre tiré du Serpent et la Lime de La Fontaine évoque assez bien le grand moment d’herpétologie d’hier au journal du matin sur la RTS. Simon Matthey-Doret faisait de son mieux pour aider Pascal Gemperli à cracher son venin, tendant des perches aussi solides que des poutres faitières. L’homme du jour se trouve être le président sortant de l’UVAM, Union vaudoise des associations musulmanes, organe qui vient de présenter une demande en vue d’être reconnue d’utilité publique. L’homme de radio a vraiment donné le meilleur de lui-même pour aider le représentant de l’islam vaudois, fournissant certaines réponses clés en mains dans ses questions. L’attitude du journaliste a néanmoins permis de percer Pascal Gemperli à jour. Ce dernier ne s’est pas rendu compte que l’enthousiasme de son interlocuteur allait l’amener à révéler sa véritable pensée, ce qui est pour le moins fâcheux. Au sujet de l’initiative visant à l’interdiction des minarets acceptée par le peuple et les cantons en 2009, Pascal Gemperli précise qu’il a mal vécu l’épisode, considérant les minarets comme quelque chose de totalement anodin. L’indignation du personnage démontre clairement le contraire, si les minarets étaient anodins, pourquoi s’exciter de la manière ?

Gemperli poursuit, estimant que l’islam en Suisse ne pose aucun problème, que tout va très bien. C’est vrai, à part quelques revendications du style ne pas serrer la main d’une institutrice, dispenses de cours de natation, pas de porc au réfectoire voire prêches haineux et djihadistes dans certaines mosquées, tout va très bien Mme la Marquise. Toujours bien conduit dans ses réflexions par Simon Matthey-Doret, notre président confirme que les amalgames le mettent en colère, ajoutant, même s’il n’aime pas trop le dire, qu’il existe aussi un terrorisme chrétien, un terrorisme bouddhiste. Certes, Chrétiens et Bouddhistes ne commettent pas d’attentats en Europe mais dans d’autres régions du monde, chose qu’on ne voit pas. Il est vrai que les kamikazes chrétiens agissent dans la plus grande discrétion, échappant même aux journalistes les plus aplatis devant l’islam. Ceci dit, l’important est ailleurs, il est dans le caractère englobeur et édulcorant du “aussi”, adverbe par lequel Pascal Gemperli met tout le monde dans le même sac.

Dans l’euphorie du débat, le personnage fait savoir qu’il estime que le terrorisme chrétien cause à peu près autant de ravages que l’islamisme, en termes de combattants et de victimes, en Afrique, en Asie et aux Etats-Unis. Au sujet du manque de visibilité des attentats commis par les Chrétiens, Pascal Gemperli pense que ce type de crime n’est pas attribué au christianisme mais à une personne malade alors que le lien est immédiatement fait lorsque l’auteur se trouve être musulman. Il est intéressant de constater que notre homme n’a pas été en mesure de donner le moindre exemple à l’appui de sa démonstration, chose qu’il n’aurait pas manqué de faire si d’aventure il en avait eu. Deux remarques à ce sujet. Pour ce qui est des malades, à chaque attentat, on relève qu’il s’agit de l’œuvre d’un ou plusieurs déséquilibrés, certes musulmans mais dépourvus de toute orientation religieuse. S’agissant de la responsabilité d’un attentat plus volontiers prêtée à l’islam qu’au christianisme, il faut rappeler que les massacres sont nettement plus souvent revendiqués par l’Etat islamique que par un organe chrétien.

Les propos surréalistes de Pascal Gemperli sont certes alarmants mais surtout révélateurs. La tête de gondole de l’islam vaudois estime que tout se passe bien au niveau de sa religion dans notre pays. A aucun moment, il n’a tenu le moindre propos critique concernant les revendications communautaristes de plus en plus exorbitantes de ses coreligionnaires. Ce faisant, la vitrine se refuse à condamner l’arrière-boutique, montrant clairement que le lien qui unit islam et islamisme est bien réel. Interrogé sur la fermeture de la mosquée de Winterthur aux orientations ouvertement islamistes, Pascal Gemperli s’est bien gardé de s’en féliciter alors qu’on y tenait des propos qu’il prétend condamner. Double langage, quand tu nous tiens. Il faut souhaiter que les autorités vaudoises aient tout cela à l’esprit lorsqu’elles se pencheront sur la demande de reconnaissance d’utilité publique. Un feu vert ouvrirait de nouveaux horizons à ces prosélytes qui appellent au vivre ensemble dans la paix et l’harmonie tout en aiguisant leurs couteaux.

En 1996 déjà, dans son ouvrage Le Choc des Civilisations, Samuel Huntington estimait que le problème central pour l’Occident n’est pas le fondamentalisme islamique mais bien l’islam, civilisation différente dont les représentants sont convaincus de la supériorité de leur culture et obsédés par l’infériorité de leur puissance. Pascal Gemperli en quelques mots.

La Côte-aux-Fées, le 15 juillet 2017

Yvan Perrin